Le Livre

Initialement paru aux Éditions du Roseau en 1992 sous le titre La Liberté intérieure, ce livre de développement personnel de la psychologue Suzanne Harvey a récemment été encensé par Josée Blanchette dans une de ses chroniques du Devoir : « J'aurais pu m'économiser dix ans de thérapie avec ce livre-là sur ma table de chevet. »

Écrit dans un ton intimiste, d'une simplicité désarmante mais avec toute la rigueur d'une spécialiste, cet ouvrage trace fort habilement les contours des petits et grands malaises qui sont le lot de bien des gens. L'auteure aborde la quête de sens sous l'angle de la prise en charge de notre individualité: « Nous avons tendance à éviter nos problèmes parce que nous vivons dans un monde qui considère comme anormal le fait d'en avoir. Nous n'apprenons donc pas à les résoudre ; nous apprenons seulement à nous y adapter. […] Notre liberté devrait être notre seul modèle pour les résoudre. »

En de courts chapitres (2 à 5 pages) qui traitent de tous les aspects importants de l'individualité (l'amour, la liberté, l'intégrité, la mort, etc.), Suzanne Harvey nous invite à trouver courageusement des réponses personnelles à ce qui peut nous rendre à notre liberté intérieure.

3.09.2013

Pourquoi le psychologue pense-t-il qu'il peut aider?

D'abord, qu'est-ce qu'être aidé?  Aidé à penser, à comprendre, à rêver, à décider, à changer?  Accepter d'être aidé, c'est permettre à l'autre, le psychologue dans ce cas-ci,  d'aller à l'intérieur de soi sur invitation.   Et lui permettre d'exprimer notre non dit, de penser notre impensable et de ressusciter nos rêves.

2.01.2011

la rencontre thérapeutique

Souvent, il s'agit d'une ou de deux rencontres autour d'une question épineuse ou d'un problème envahissant pour déjà y voir plus clair et retrouver un sentiment de paix intérieure inestimable!

Si vous saviez que ce n'est pas le nombre de consultations qui constitue une bonne thérapie, mais leur qualité, et qu'on vous assurait qu'il ne faut pas nécessairement beaucoup de séances pour retrouver "ses esprits" et "faire ce qu'on a à faire", consulteriez-vous?

Les gens qui vivent silencieusement ne sont pas hostiles à la parole, ils ont été blessés jour après jour par son inauthenticité. Ce qu'ils craignent certainement le plus d'une thérapie, c'est de perdre leur temps avec l'autre, le thérapeute. Ils craignent l'inauthenticité, l'absence d'une connexion réellement humaine, intelligente et profonde. Le faux les fait souffrir.

L'inauthenticité est source de malaise, de solitude intérieure et d'isolement. Pourquoi parler est-il plate ou dangereux? Nous ne sommes pas des poissons!

La parole et le besoin de comprendre vont ensemble et sont inséparables quant à moi. Les seules personnes hostiles à la thérapie avec moi que j'ai rencontrées n'éprouvaient pas le besoin de comprendre. Ils n'avaient plus besoin de comprendre: ils voulaient seulement des "trucs", des "recettes", des "outils". Là n'est pas le problème: c'est qu'ils ne voulaient que cela et étaient fermés à toute intelligence extérieure à la leur.

Si je pouvais vous donner les douze plus grands livres de sagesse psychologique au monde ou vous offrir un journal intime tout neuf, devinez mon choix? Le journal intime. Pourquoi? Parce que je crois absolument en votre génie psychologique, sinon je ne ferais pas ce métier.

Portez-vous bien! Parlez! Je vais écrire plus souvent...


Suzanne Harvey

10.11.2009

Croire en soi

Croire en soi, c'est ne pas prendre la réalité d'un autre pour la nôtre.
Croire en soi, c'est s'aimer encore et encore, et encore et encore, sans jamais désespérer parce qu'on ne nous comprend pas ou que nous avons du mal à nous comprendre nous-même.
Croire en soi, c'est aimer. Point final.

9.14.2009

Merci à VOX TV

Merci à Claudia Larochelle pour sa chronique et ses commentaires à propos du livre Bien Dans Sa Vie et surtout sa catégorisation: psycho-pop.

6.22.2009

Merci CKAS !

« Excellent. Un des dix meilleurs livres de psycho. »
CKAS-FM

2.24.2009

Le bonheur d'être soi

Pourquoi le soleil, l'auto, la maison, le travail, l'amoureux nous procureraient-ils plus de bonheur que celui d'être soi?
Toutes ces choses, agréables et merveilleuses, font partie du bonheur d'être soi.
Si c'est un malheur d'être soi, que la maison soit belle, le soleil brillant, l'amoureux tendre, quel bonheur est réellement possible?
Le bonheur d'être soi, c'est la plus grande découverte existentielle d'une vie.
C'est l'expérience la plus profonde.
Ce bonheur, nous le découvrons entre 1 an et 2 ans, si tout va bien.
Autrement, nous vivons avec un mauvais pressentiment au fonde de nous, synonyme de malheur, de déception et de frustration.
Le vrai vrai bonheur, le plus grand, c'est celui d'être soi.
Je vous offre cette idée sérieuse, comme un chien mira invisible, qui vous guidera, tant et aussi longtemps que vous vivrez les yeux fermés, plutôt qu'ouverts, sur cette belle vérité que vous êtes.

2.01.2009

La vie à deux

C'est difficile la vie à deux! Nous ne voulons pas perdre notre Moi: nous avons peur des forces de l'autre, de ses faiblesses. Nous pourrions avoir à lutter pour nous-même, à nous exprimer honnêtement, à ne pas céder faussement... Comment affronter la peur de son Moi que nous percevons comme étant plus puissant que le nôtre?
Je recommande de tout faire par amour pour soi.
Allez vers l'autre par amour pour vous-même! Parlez-lui par amour pour vous-même. Peu importe votre besoin, la question à clarifier, le doute ou le désir qui vous tenaille, ne l'excluez pas de votre relation à vous-même, par amour pour vous-même.
Qui gagne à ne pas s'aimer lui-même dans un couple?
Écoutez-moi bien: sans amour pour vous-même, votre relation amoureuse manquera toujours d'amour, celui qui ne vient pas des autres...

11.29.2008

Salon du livre: ma gratitude à tous...


Je remercie de tout coeur ces belles personnes qui se sont procurées mon livre au salon du livre, avec qui j'ai échangé: vous en saurez plus sur moi en lisant le livre, mais moi, j'en sais un peu sur chacun avec qui j'ai parlé.

Encore, merci! Le prochain s'en vient. N'hésitez pas à me donner vos commentaires!

11.28.2008

Plusieurs l'ont demandé: voici l'article original de Josée Blanchette

“Être vivant, c'est de l'ouvrage

Je suis tombée sur un livre qu'un jeune ami m'a prêté et qui a confirmé tous mes choix de vie, cet été. Les bouquins de self-help me font généralement autant d'effet qu'une poche de thé vert dans de l'eau tiède. «Ne désespérez jamais. Faites infuser davantage», disait Henri Michaux, un de mes poètes surréalistes préférés.

Comme un poème, j'ai laissé infuser; j'ai lu l'ouvrage trois fois depuis la fin d'août et te le prêterai puisqu'on ne le trouve plus qu'à la bibliothèque. La Liberté intérieure, un auto-enseignement, de la psychologue québécoise Suzanne Harvey (Éditions du Roseau, 1992). J'essaie de convaincre l'éditeur de le republier. Même après 15 ans, cet ouvrage s'inscrit tout à fait dans la quête actuelle d'authenticité et de vérité dont traitait mon collègue Fabien Deglise dans ce journal il y a deux semaines. Tout est là.

J'aurais pu m'économiser dix ans de thérapie avec ce livre-là sur ma table de chevet. Tout ce que j'ai tenté maladroitement, inconsciemment et ouvertement de faire, de dire, de dépasser, se trouve dans ces pages. Pour cette psy qui semble avoir fait tomber bien des barrières pour accéder à son individualité, «seuls les êtres exceptionnels témoignent du potentiel humain. Ce sont eux, les vrais représentants de la race humaine. Dès qu'un être dépasse la normalité, il est un surdoué, sinon un génie. D'ailleurs, l'histoire de l'humanité est surtout l'histoire des êtres exceptionnels plus que celle de l'humanité elle-même».

En inhibant notre individualité, nous sombrons dans la névrose, médicamentée ou non. «Le névrosé éprouve de la difficulté à aimer, à ressentir, à penser, à communiquer et à créer. Il n'est pas conscient ou si peu», écrit-elle. Elle oppose le faire et l'être. «En "faisant", nous résistons à la Vie, tandis qu'en "étant", nous n'y résistons pas.» Elle va même plus loin: «En faisant de notre vie quelque chose de futile, il nous sera moins pénible de la perdre. Nous apprenons à mourir bien plus que nous n'apprenons à vivre.»

Suivre son coeur, sa voie, ses émotions, ses intuitions profondes, choisir le moment présent, larguer les habitudes et les souffrances auxquelles nous nous accrochons, voilà autant de messages à méditer. «Nous redoutons ce qui va bien dans notre vie parce qu'au fond, notre véritable sens du réel s'appuie principalement sur nos souffrances», écrit Suzanne Harvey, qui pense tout bonnement que nous sommes plus grands que nos problèmes, vieille sagesse populaire. Nous offrons à ces parasites douloureux une prise continuelle dans notre présent.

Apprendre le détachement est le job d'une vie. Avec nous-mêmes, avec les autres, nos enfants, nos amours, nos échecs, même nos valeurs, qui ne sont bien souvent que des preuves d'amour fournies à notre entourage, à la société. Pour être aimés davantage. Pour ce que nous ne sommes pas, en plus! Un marché de dupes.“

9.26.2008

Vivre moins stressé

Du point de vue du stress, l'état de bonheur correspond à un état de stress minimal.
Vivre heureux, c'est parvenir à garder notre niveau de stress au minimum.
Vivre malheureux, c'est vivre dans un état de stress élevé, sinon chronique.
Le stress sévère diminue la réponse de notre système immunitaire aux maladies.
Pourquoi ne nous portons-nous pas à la défense de notre bonheur chaque jour? Il le faudrait pourtant...
À force de vivre malheureux, nous ne croirons plus au bonheur. Nous risquons de devenir indifférents à la vie et de vivre pour oublier...
Refusez de vivre dans l'inquiétude! Refusez de vivre malheureux et stressés!
C'est faisable, un peu plus, chaque jour...
Pouvez-vous rester calme quand vous êtes malheureux?
C'est ce qu'il faut tenter de réussir!


Archive de l'entrevue avec Robert Pilotte 106.9fm parlé:

9.25.2008

Le stress: ce tueur invisible

L'émission de télé diffusée hier soir sur le stress nous montrait les études de chercheurs sérieux. Voici ce qu'il faut retenir:
1) le stress chronique diminue la performance de notre système immunitaire. La baisse de protection immunitaire qui en découle est la cause de plusieurs de nos maladies;
2)les animaux savent arrêter leur stress pendant la chasse, nous ne savons pas le faire pendant l'action;
3)nous vivons sous pression, en dépression, non pas parce que nous sommes en danger, mais parce que nous subissons sans cesse de la violence psychologique;
4)la violence psychologique ( l'insensibilité, l'humiliation, l'arrogance, le dénigrement, la critique, la dépersonnalisation, les affronts, la mesquinerie, la revanche, la rancoeur, le mépris, la manipulation, les mensonges, la supercherie, l'attaque, l'indifférence, l'insolence, etc.) est notre principale source de stress humain;
5) la violence psychologique a des effets pernicieux sur notres santé physique et mentale;
6) l'amour, la compassion et l'égalité que se manifestaient les babouins d'une société plus évoluée que les babouins hiérachisés entre dominants et dominés, démontraient que vivre sans violence, c'est vivre sans stress;
7) nous pouvons donc supposer qu'aimer nous garde sain d'esprit et en meilleure santé physique.

Si pour certains leur vie est une histoire d'amour avec la Vie, pour d'autres, c'est une grande peine d'amour. Comment s'en guérir?
Ne croyez pas ce que les autres disent et pensent de vous: dépassez leur violence psychologique en vous aimant plus que tout!

9.24.2008

Être obsédé par son propre moi

Être hypersensible aux réactions des autres à notre égard, c'est être obsédé, non pas par eux, mais par nous-même! Ne jamais vouloir être pris en défaut, nier nos erreurs, nos difficultés, nos peines, vouloir être parfait et plus que parfait, le meilleur et le plus irréprochable, c'est être obsédé par son moi.
Le désir de l'autre prend l'allure d'une idée fixe et paralysante. Notre vie correspond alors à la recette de bonheur d'un autre. Nous sommes infinimente plus que le bon désir d'un autre!

Être bien dans notre vie, c'est être bien avec nous-même avant tout!

Notre vie cesse d'être une limite, une prison psychologique, une infirmité sociale quand nous prenons conscience que nous sommes plus que nos expériences, plus que nos sentiments, plus que nos pensées, plus que nos gestes, plus qu'une partie de nous-même...
Cela change tout!
Au coeur de ce livre thérapeutique se trouve une clef psychologique qui vous rappelle d'ouvrir votre vie à votre grandeur: vous êtes infiniment plus que tout ce que vous vivez, avez vécu et vivrez.
Cessez de vous tourmenter avec ce que les autres pensent!

9.17.2008

Impossible bonheur

C'est ça vivre?
Se lever le matin, partir travailler, vivre pour payer l'hypothèque, les assurances,
l'auto, le garagiste, les réparations de la maison, le loyer, les cartes de crédit, les intérêts, les taxes, les impôts, l'épicerie, les vêtements, les frais dentaires, l'essence, le chauffage, le câble, le cellulaire, la garderie, tout ce qu'il faut aux enfants, les vacances et le Reer?

C'est ça le bonheur possible?

Maslow s'est sérieusement intéressé au bonheur comme motivation. Pour lui, le sentiment d'être malheureux doit devenir un sentiment de frustration pour y voir: il faut être malheureux d'être malheureux. "C'est que... voyez-vous... être malheureux, c'est normal quand on est mal en point, insécure, mal aimé et qu'on ne s'aime pas! Vous dites qu'il faut être heureux de ce qui nous rend malheureux? C'est déprimant!"

Non ce n'est pas ce que je dis, ni Maslow d'ailleurs.

Pourquoi pensons-nous que le bonheur n'a pas ses propres règles alors que la musique, les mathématiques, la langue, la réussite et la santé ont les leurs?
Oui, cela fait du bonheur une discipline psychologique, une discipline physique, affective, intellectuelle et sociale.

À moins d'attendre pour être heureux que tous nos besoins de base soient comblés, nos bobos guéris, toutes nos affaires payées, que nous soyons aimés des autres et de nous-même, le bonheur se présente comme une discipline.
Connaissez-vous ses règles? Voulez-vous même les connaître?

Nous sommes psychologiquement paresseux en matière de bonheur...
Avis aux tricheurs!
Vous perdrez toujours votre bonheur en refusant de vous soumettre à ses règles!
Vous êtes à blâmer, non le bonheur!

9.16.2008

La dépression

Donner aux autres le pouvoir de nous récompenser, c'est aussi leur concéder le pouvoir de nous punir.
C'est risqué! Et aussi imprudent que donner notre "nip" à un inconnu pour obtenir un sourire de lui ou échapper à un reproche. Nous ne faisons pas cela avec notre carte de débit, seulement avec notre vie!
Si nous donnons aux autres le pouvoir de reconnaître notre valeur, nous serons inquiets, car notre sécurité intérieure dépendra d'eux, de leur honnêteté et de leur bienveillance.

N'importe qui peut nous faire croire n'importe quoi! N'importe qui peut nous mentir, nous appauvrir moralement et intellectuellement! N'importe qui peut nous vider psychiquement! Même ceux qu'on aime. Nous attendre à la louange et à la flatterie, appréhender la revanche et le châtiment à tout moment, jour après jour, c'est psychologiquement courir à notre propre perte!

La dépression est une faillite psychologique... Un mauvais investissement dans les autres. Nous avons tout perdu à attendre d'eux, notre sécurité intérieure.
Les voleurs de bonheur, les voleurs de vie, les voleurs de joie, quand ils possèdent notre code d'accès, trouvent la malhonnêteté presque normale...

9.15.2008

L'anxiété

Serions-nous anxieux si nous n'avions pas peur d'échouer?

La peur d'échouer engendre la peur des obstacles
la peur des difficultés
la peur de se tromper
de le regretter
de subir des pertes
d'être mal jugé
d'avoir eu tort

Les obstacles sont moins grands
les difficultés, moins rebutantes
les erreurs, moins effrayantes
quand nous agissons
sans avoir peur d'échouer
car les avantages dépassent toujours les résultats!

Quelle horrible source d'anxiété la peur d'échouer
en amour, dans son métier, dans sa vie!

"Bien dans sa vie": un must à lire!

Le burnout

Le burnout est un état de mal-être physique et psychologique causé par un stress persistant mal géré. Les signaux d'alerte qui se manifestent au travail sont l'irritabilité, l'hostilité, la haine de son travail, du milieu de travail, d'un collègue en particulier ou du patron, la baisse de la performance, la démotivation, la perte de contrôle émotionnel, l'hypersensibilité à l'injustice et aux frustrations, la victimisation, la déprime, les maladies à répétition (troubles d'indigestion, maux de tête, montées d'hypertension, rhumes, sinusites), la démission. À la maison, les signaux d'alarme sont l'insomnie, une plus grande consommation d'alcool, l'usage de drogues, les sauts d'humeur, l'impatience, l'irritabilité, l'isolement, la fatigabilité, la tristesse, la démoralisation, l'impuissance.

Quand le burnout se transforme en dépression, nous sommes mal partout, non seulement au travail.

La rage au bureau ou la rage au volant, ça se ressemble...

Si chacun était bien dans sa propre vie, il se conduirait mieux au travail, le patron comme les collègues.

9.14.2008

L'auto diagnostic psychologique

Les gens arrivent en thérapie avec leur propre diagnotic: "Je n'en peux plus"; "c'est plate à mort, mon travail, je ne le supporte plus"; "c'est plus facile de tout avoir de mes parents, que d'avoir du bonheur d'eux" (enfant de 8 ans) ; "ça sert à rien: le boss est encore pire qu'avant"; "je ne sais pas si je l'aime encore, nous ne baisons plus depuis un ans... je pense à mon ancien..."; "je ne suis pas une bonne mère, mes enfants m'insultent comme leur père faisait"; "le monde n'a pas de place pour quelqu'un comme moi, je voudrais mourir"; "si je pouvais, je plaquerais tout là, la femme, les enfants, tout: c'est une vie de fou que je mène"; etc.

L'auto diagnotic psychologique a moins de poids en médecine que le diagnostic médical, mais il a plus d'impact moral sur notre vie et notre santé psychologique qu'une simple prescription!
Nommer notre problème nous aide à le comprendre et à le résoudre.

Mais toutes les solutions ne sont pas les meilleures!
La meilleure solution est la plus sage.
C'est parce qu'elle ne fait pas de perdants qu'elle est sage, écrit Aristote.

Sinon, nous créons un problème de plus, appelé solution.
Combien de solutions familiales, scolaires, médicales, politiques et économiques font de nous des perdants plutôt que des gagnants? et de bons perdants!

Nous adoptons trop de solutions malheureuses...
Nous sommes nombreux à être des perdants dans le monde humain et notre propre monde.
Nous endurons pour éviter d'être encore plus perdants en agissant.
Notre conception du bonheur est pessimiste...

9.12.2008

La psychologie des baby boomers

Les bb boomers ont idéalisé leur moi. L'idéalisation de soi des femmes boomers donne la sainte, la parfaite, la toute-aimante, celle qui doit tout faire pour les autres, les faire passer avant ses propres intérêts, son propre bonheur, renoncer à elle-même. L'idéalisation de soi des hommes boomers donne le chef, le king, le dur, l'être fort, invulnérable, infatigable et intouchable, celui qui n'a besoin de personne, qui peut tout faire tout seul, qui se passe de compassion, d'amour et d'affection, et qui jamais ne craque.

L'idéalisation de soi, c'est vivre pour ce que nous devrions être, selon nous et d'après les autres.
La commande a été énorme, psychologiquement et physiquement.
Nous avons fini par croire que nous étions vraiment ce que nous devions être: des saintes et des guerriers. Peu importe que les faits montrent autrement, nous nous sommes crus impeccables. Pour plaire à Dieu et ne pas déplaire au Diable, nous avons nié la réalité et notre vie. Nous avons renoncé au bonheur personnel.
Il ne nous restait plus qu'à nous enorgueillir de notre illusoire perfection et de notre stoïcisme. Nous avons été susceptibles à la critique, défensifs devant les accusations, incapables de reconnaître nos torts et difficiles d'approche. Il fallait des pincettes et des gants blancs... tellement nous étions vite démontés par le moindre reproche, le moindre désaccord...
Pourquoi? Parce que l'orgueil n'est pas un substitut de confiance en soi.

Nous n'avions pas confiance en nous-mêmes.

Nous étions sans avenir personnel, sans avenir culturel, sans scolarité, sans liberté de penser et d'être, des enfants de Dieu. Sortir semble avoir été notre mot d'ordre à tous, ou presque! Sortir de la religion, sortir des compagnes, sortir de la maison, sortir du mariage, sortir des autres, sortir de soi, sortir de l'ignorance, sortir de la peur, sortir du péché, sortir de la culpabilité, sortir de la honte, du mensonge et de notre cocon...

Notre confiance en nous-mêmes est une vraie victoire!

Nous sommes les vainqueurs de tout ce qui "a du sang de théologien dans les veines" dirait le philosophe Nietzsche.

N'oublions pas que la confiance en soi, ça se perd.

Pour les boomers, le bonheur arrive presque toujours après autre chose, après qu'on soit marié, quand on aura assez d'argent, que la maison sera payée, que tous les enfants seront à nouveau réunis autour de la table, quand nos enfants iront mieux, etc. Le bonheur est très conditionnel. Trop!

Les boomers ont peur du bonheur parce qu'il a toujours été "péché". Le bonheur a été tabou. Le bonheur a été, et est encore pour plusieurs, égoïste et déloyal, une tentation à laquelle il faut résister de son mieux. Je préfère être humblement heureuse que humblement malheureuse... Pour nous, les enfants boomers, le bonheur était loin de conduire au ciel, il nous ouvrait les portes de l'enfer. Il y a donc les bb boomers heureux et les bb boomers malheureux.

La biographie des boomers se trouve bien résumé dans deux grandes chansons de John Lennon: "Working class hero" et "Imagine"...

À gauche, aperçu sur YouTube des propos de l'entrevue avec Ginette Michaud à Boomer 1570 am...

9.11.2008

Trivialiser le bonheur

Mes clientes ne veulent pas admettre qu'elles sont malheureuses. Cela me dépasse! Je serais malheureuse pour moins que tout ce qui les afflige. Elles ont peur de nommer un chat un chat, de dire les choses, principalement à elles-mêmes.

Malgré votre arrêt de travail prolongé, les antidépresseurs, l'assureur qui vous court après et doute de votre état, les visites chez le docteur, l'attente avant de passer dans son bureau, les frais supplémentaires pour le petit rapport à l'assureur, l'insomnie, la prise de poids, vos enfants hostiles à votre égard, votre mari, admettons-le, qui est assez indifférent, le patron "malade mental"et la belle-mère "folle", et j'en passe par sympathie, vous n'êtes pas "si malheureuses que ça" ? Vous êtes "assez heureuses"?
Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre, même en thérapie! Permettez-moi de douter de votre bonheur qui est très défensif. Un bonheur défensif est un faux bonheur.
Votre dépression est synonyme de malheureuse, vous ne pensez pas?

Curieusement, c'est dans les pires moments de notre vie que nous devenons cynique et trivialisons le bonheur: "bof! le bonheur... c'est quoi au juste... montrez-moi quelqu'un qui est totalement heureux... quelqu'un qui est toujours heureux...

Mais nier que nous sommes malheureux, c'est vivre dangereusement. Pouvons-nous vraiment être une personne heureuse, mal dans sa vie et dans celle des autres?
Si vous ne savez plus ce qui vous rend heureux, vous n'êtes certainement pas aussi heureux que vous le prétendez. Faire semblant n'apporte pas le bonheur. C'est une façon de se sécuriser et de sécuriser ceux qui ne veulent pas savoir que nous ne sommes pas heureux.
Le bonheur devrait être un concept radical: nous sommes heureux ou nous ne le sommes pas. Nous verrions plus à lui. Nous verrions à le retrouver quand nous l'avons perdu.
Le bonheur, c'est une forme de compétence qui relève seulement de nous.
Nous pouvons faire semblant d'être heureux, mais nous ne pouvons pas feindre la bonne santé psychologique...

Ceci est une partie de l'entrevue avec Claude Bolduc du 4 septembre 2008

La santé psychologique

Les médecins et psychiatres s'occupent de santé mentale. Je m'occupe de santé psychologique. La santé psychologique, c'est le bonheur. Plus nous sommes en bonne santé psychologique, plus nous sommes heureux, plus nous sommes capables de l'être.
Notre bonheur n'est pas à toute épreuve, évidemment.
La prévention est de mise... Nous voyons bien à prévenir le cancer!

L'équivalent du cancer en ce qui concerne notre vie que nous voulons heureuse, c'est le mal profond qui se multiplie vite: le pessimisme, la honte, le doute, la culpabilité et le sentiment d'infériorité.
Le traitement par exellence?
Ne vous jugez pas. Jamais, jamais., jamais.
C'est la prévention #1